5 points communs entre le développeur web en freelance et le tango

Avant d'être un développeur en freelance, j'étais un développeur salarié et passionné de tango. Cette danse réputée difficile possède une forte dimension sociale qui m'ont beaucoup appris sur mon métier de dev freelance. Après 10 ans à arpenter les planchers européens voici ce que j'ai pu apprendre :

1. Avoir du talent ne suffit pas

Quand on est prof de tango on découvre ses élèves en début d'année et on peut voir leur évolution au fil des semaines. Certains arrivent avec une jambe plus petite que l'autre, une coordination motrice à la Pierre Richard ou la souplesse d'un balai brosse. On se dit qu'ils partent de loin par rapport aux petits jeunes tout frais et sportifs. Pourtant à la fin de l'année si on compare les deux évolutions, le talent de départ ne pèse pas tant que ça par rapport à la régularité et l'assiduité. Ceux qui viennent en cours et qui vont danser en bal finissent toujours par dépasser ceux qui ne viennent pas quand il pleut ou parce que le temps en propice à une bonne bière en terrasse.
En dev c'est pareil, se former et coder régulièrement ses projets persos (en y intégrant du nouveau à chaque fois) est une des clefs pour progresser et rester à la page.

2. Refuser la mode c'est la mort

Quand on pense à un dev, on l’imagine bien éloigné des effets de mode. Que nenni ! Son métier doit constamment s’adapter à de nouveaux courants, langages et façons de faire au point qu’on parle parfois de “Hype Driven Development”. Avoir dans ses pratiques tous les nouveaux joujous à la mode est essentiel pour être sexy devant les recruteurs.
Faire un application en PHP en 2020 c’est largement faisable, mais maintenant on préfère déporter la logique sur le client avec des frameworks Javascript. Certains (dont je fais partis) utilisent même des générateurs de sites statiques pour produire des pages complètement non dynamique. Oui, retour dans les années 2000 ! Sauf que maintenant le web statique et la Jamstack, sont en train de devenir la nouvelle tendance trendy.
En tango c'est pareil, certaines façons de danser deviennent ringardes et d'autres se démarquent. Ne pas les intégrer dans sa danse nous rends attirants et nous ferme les bras des meilleurs danseurs.
Finalement la mode nous force à nous remettre en question et à progresser.

3. Sans réseautage point de salut

Etre freelance, peut importe sa spécialité, c'est d'accepter d'être son propre produit dont il faut faire la promotion. Pour un développeur c'est pas quelque chose d'inné car il est souvent plus à l'aise devant son IDE qu'en relations mondaines.
En tango le réseautage a un pouvoir gigantesque. Aller discuter avec les bonnes personnes ouvre presque toutes les portes. J'ai vu des danseurs avec l'aisance de frigos danser avec les meilleurs en utilisant une stratégoe qui marche presque à tous les coups : échanger quelques mots sympas avec leurs cibles tous les soirs. Certains appellent ça faire de la lèche. N'empêche qu'au final leur personal branding fonctionne du tonnerre et on aurait tort de ne pas faire pareil pour trouver des missions en tant que freelance.

4. Faire des pauses permet de progresser

Le Covid est passé par là et on a parfois été obligé de s'arrêter de coder (coupage de budget et éjection des freelances) et de danser (pas besoin d'un dessin, personne ne souhaite respecter une distance de sécurité d’1m).
Ce fonctionnement au ralenti peut avoir un côté angoissant. La peur de perdre en niveau, de se faire larguer étaient bien là pour moi. Pourtant en dev comme en tango cela m'a permit de faire le ménage dans certains de mes automatismes.
Professionnellement j'ai remis en question mon travail en me découvrant le plaisir d'enseigner le développement. En danse comme en tango j'ai remis à plat des habitudes qui méritaient d'être dépoussiérées et revu mes bases.

5. Le talent n'attend pas le nombre d'années

Dans un bal de tango on y voit tous les âges se côtoyer. Les vieux dansent avec les jeunes et les plus expérimentés invitent les novices quand ils voient la motivation et le désir de progresser s'installer. Pourtant ceux qui sont là depuis 15 - 20 ans ne sont pas forcément meilleurs qu'un(e) jeune chaud bouillant qui cherche à s’améliorer et qui voyage pour enrichir sa pratique. C'est même souvent le contraire. Ceux qui font toujours la même chose auront toujours le même résultat.
Pour un développeur c'est pareil : il est facile de rester sur la même techno et de s'y encrouter en regardant passer devant les jeunes devs. De mon côté, après avoir fait 9 ans de PHP de façon routinière je pense être moins bon que sur Javascript dans lequel je me suis totalement investi depuis 2 ans. Allez expliquer ça à un recruteur ;).